Parole(s) de maison

Sandy Flinto et Pierrick Grobéty investissent une maison abandonnée et déclinent les espaces de ce lieu pour en modifier la perception et l’expérience. Pour ce faire, ils utiliseront différents médias et proposeront un voyage sensoriel.

En 1915, Milena Jesenská découvre par hasard une nouvelle de Kafka et lui demande l’autorisation de la traduire. Une correspondance passionnée naît. Les deux amants  ne se rencontrent que deux fois, et Kafka après maints tourments et une Miléna qui n’arrive pas à quitter son mari, finit par mettre fin à leur relation.

Les artistes vont s’inspirer de cette correspondance (plus de 300 lettres) et de l’œuvre de l’écrivain pour mettre en scène et créer l’installation « Parole(s) de maison, Maison Fantôme ». Au départ, ils s’inspirent d’éléments récurrents de l’œuvre de Kafka : les taupes, les portes, l’angoisse, l’insomnie, et vont au fur et à mesure se faire happer par la mémoire de cette maison qui accueille leur création. Ils finissent par intégrer des objets trouvés dans les différentes pièces et à leur donner une parole en écho à une phrase trouvée dans la correspondance entre Kafka et Milena


« … La grande facilité d’écrire des lettres doit avoir introduit dans le monde – du point de vue purement théorique – un terrible désordre des âmes : c’est un commerce avec des fantômes, non seulement avec celui du destinataire, mais encore avec le sien propre ; le fantôme grandit sous la main qui écrit, dans la lettre qu’elle rédige, à plus forte raison dans une suite de lettres où l’une coorobore l’autre et peut l’appeler à témoin. Comment a pu naître l’idée que des lettres donneraient aux hommes le moyen de communiquer ? On peut penser à un être lointain, on peut saisir un être proche : le reste passe la force humaine. Ecrire des lettres c’est se mettre nu devant les fantômes ; ils attendent ce moment avidement. Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route. C’est grâce à cette copieuse nourriture qu’ils se multiplient si fabuleusement. L’humanité le sent et lutte contre le péril ; elle a cherché à éliminer le plus qu’elle pouvait le fantomatique entre les hommes, elle a cherché à obtenir entre eux des relations naturelles, à restaurer la paix des âmes … . Les esprits ne mourront pas de faim, mais nous, nous périrons. » Franz Kafka – Corresponce Franz Kafka - Milena Jesenská

Concept // création : Sandy Flinto & Pierrick Grobéty

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Production: Kulturfabrik Esch, Escher Kulturnuescht a.s.b.l.